Les Compotes de Madame Tell (1992)

Un Drame Hystérique

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1991… La Suisse fête le 700ème anniversaire de la Confédération. Les Vilains Bonzhommes en profitent pour monter une délirante parodie des exploits des grands ancêtres et surtout de leurs épouses aux temps mythiques des origines. Humour, dérision, absurde et cruauté burlesque sur fond d’histoire suisse au féminin, la pièce rassemble plus de vingt comédiens et comédiennes passionnés et remporte un extraordinaire succès dans la salle du vieux Ciné-Michel, grandiosement aménagée grâce à des montagnes de palettes.

L’histoire

Les trois Suisses… Tout le monde les connaît, et Nicolas de Fluë, le Gros-Bellet, Guillaume Tell… Ça c’étaient des hommes , des vrais, des comme on n’en fait plus, des pleins de poils partout.
Qui n’a pas vibré au récit de leurs exploits ?
C’est qu’en ce temps-là, l’histoire était une affaire d’hommes, un sport viril, pas un jeu de fillettes… La preuve ? des femmes, on n’en rencontre pas beaucoup dans les chroniques des temps héroïques… Oui, bon, de temps en temps, on voit passer une frêle silhouette plus ou moins gracieuse, qui se livre à de triviales occupations comme élever seule les douze enfants de Nicolas de Fluë, préparer les huit cents litres de soupe au lait de Kappel, repriser les vingt mille chaussettes des Walstätten ou se faire violer par les gardes du bailli. On en brûle aussi une de temps en temps en criant « Hou…la sorcière ! »… Pas de quoi en faire un plat !
Eh bien, les Vilains Bonzhommes disent : non !
Non ! de qui se moque-t-on ? A qui veut-on faire croire que les mères et les filles et les sœurs de nos ancêtres n’étaient que des ombres insignifiantes, juste bonnes à torcher les gosses, à plumer les poulets et à éponger le front (entre autre…) de nos mâles héros ?
A qui veut-on faire croire que Madame Tell, Hedwige de son prénom, se contentait de peler les pommes pour la compote ?
A qui veut-on faire croire que ce ne sont pas elles, les femmes, qui ont poussé le premier cri de la révolte ?
Dans ce spectacle, les Vilains Bonzhommes n’ont pas hésité à rétablir la vérité en refaisant l’histoire

armailli